Quel est votre diagnostic ?

Quelle est votre interprétation de cette radiographie de cheville chez un enfant ?

 

A - Radiographie normale  

B - Fracture de Mac Farland  

C - Réaction périostée avec apposition en bulbe d’oignon  

D - Expansion « en feu d’herbe » dans les parties molles  

E - Décollement épiphysaire Salter II et IV au niveau de la malléole médiale

 

Extrait de l'Item 360 "Fractures chez l'enfant "

Les fractures du tibia distal sont dominées par trois lésions particulières : la fracture de Mac Farland, la fracture de Tillaux et la fracture triplane

La fracture de Mac Farland : Il s’agit d’un décollement épiphysaire Salter III et IV au niveau de la malléole médiale. Cette fracture exige une réduction anatomique si elle est déplacée, mais son ostéosynthèse doit impérativement respecter le cartilage de croissance.

La fracture de Tillaux est l’apanage de l’adolescent. La physe se fermant de médial en latéral, on note un décollement épiphysaire Salter III au niveau de la partie latérale du tibia du fait de l’arrachement des ligaments tibio-fibulaires inférieurs.

La fracture triplane : elle associe généralement un décollement épiphysaire Salter II dans un plan sagittal à un décollement épiphysaire Salter III dans le plan coronal. Un scanner préopératoire est indispensable à la compréhension des traits de fracture afin de guider la réduction et l’ostéosynthèse adéquate.

Pour les fractures touchant les cartilages de croissance Salter et Harris ont établi une classification des décollements épiphysaires qui non seulement est descriptive mais a également pour vocation d’être pronostique Elle se définit en cinq stades.

Stade I : décollement épiphysaire pur. Le trait est horizontal au niveau du cartilage de croissance. Les cellules ne sont pas lésées. La croissance est donc préservée.

Stade II : décollement épiphysaire avec refend métaphysaire. C’est le plus fréquent, et son pronostic est généralement bon.

Stade III : décollement épiphysaire avec refend épiphysaire. Il s’agit d’une fracture intra-articulaire qui nécessite une réduction anatomique. Pas ou mal réduite, elle expose à une arthrose précoce.

Stade IV : décollement épiphysaire avec atteinte métaphysaire et épiphysaire. Elle est de mauvais pronostic (mêmes principes thérapeutiques).

Stade V : décollement épiphysaire associant une compression du cartilage de conjugaison. Les cellules ont été écrasées par la compression axiale. Malheureusement, en urgence, il est impossible de différencier un décollement épiphysaire type I non déplacé d’un V, car l’aspect radiographique est identique. Ce n’est que le temps, et donc l’apparition d’un trouble de croissance, qui permet d’en faire le diagnostic rétrospectif.

Il fallait donc reconnaitre ici une fracture de Mac Farland et  répondre oui aux questions A et B

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