Mise à jour de l'Item 143

Item 143 -  Vaccinations - Pr Jean Beytout

Services des maladies infectieuses et tropicales, CHU de Clermont-Ferrand, 63003 Clermont-Ferrand Cedex

Objectifs : CONNAÎTRE les différents types de vaccins   et les modalités d’administration. CONNAÎTRE le calendrier vaccinal pour la population générale. SAVOIR PROGRAMMER  un rattrapage vaccinal. ADAPTER l’indication  des vaccinations en fonction du risque individuel et collectif. CONNAÎTRE les contre-indications  et les principaux effets indésirables des vaccins. ARGUMENTER la balance bénéfices/risques des principaux vaccins.

Certaines maladies infectieuses comme la rougeole n’ar-rivent qu’une seule fois dans la vie : lors d’une épidémie, ceux qui l’ont déjà eue sont épargnés. De ce fait d’obseration sont nées les notions d’immunisation et de vaccination. L’im-munité (i-munus = dispensé de l’impôt) est le privilège d’éviter une maladie. L’immunisation crée les conditions permettant d’obtenir cette immunité. La vaccination est le procédé volontaire réalisant cette immunisation. Pour éviter les aléas de l’infection « sauvage », on introduit chez un individu un agent infectieux atténué ou inactivé (ou un composant de l’agent infectieux, ou une structure qui lui ressemble) de manière à lui faire produire une réaction susceptible de le protéger de manière spécifique contre cet agent infectieux ; on le vaccine. La vaccination est donc aussi l’usage des vaccins (NB : immunisation = vaccination dans la littérature anglo-saxonne).

Un vaccin contre un agent infectieux exploite le système immu-nitaire, propriété naturelle de l’individu, pour lui faire produire une réponse spécifique susceptible de le protéger contre l’infection naturelle due à cet agent infectieux ; cette immunothérapie active demande un certain délai (à la différence de l’immuno thérapie adoptive, d’efficacité immédiate). C’est en anticipant le risque in-fectieux que l’on exploite au mieux le potentiel de la vaccination. Les vaccins constituent des armes de la prévention des maladies infectieuses. Ils ont démontré leur efficacité vis-à-vis des infections épidémiques à transmission interhumaine en jouant sur l’immunité de groupe : ils ont participé à l’éradication de la variole et à l’élimi-nation de la poliomyélite de nombreuses régions du monde ; ils sont inclus dans de nombreux programmes de santé publique.

Vis-à-vis des infections graves pour lesquelles les moyens théra peutiques sont limités (diphtérie, tétanos) et/ou les agents d’épidémies (variole, rougeole, grippe et, aujourd’hui, infection à VIH, dengue…), le recours à des vaccins est réclamé par tous. Les travaux pastoriens ont visé à atténuer la virulence des agents infectieux ou de leurs toxines (ex. : anatoxine diphtérique ou tétanique). On a eu recours ensuite à des agents infectieux inactivés (ex : bacille typhique), puis à des sous-unités structurales de ces agents infectieux éventuellement synthétiques [...]  Lire la suite #abonnés