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Item 27 - Connaître les particularités de l’infection urinaire au cours de la grossesse - Dr Fanny Joalland, Dr Hélène Cormier, Pr Renaud Verdon

Objectifs : CONNAÎTRE les particularités de l’infection urinaire au cours de la grossesse.

L'infection urinaire est l’infection bactérienne la plus fréquente chez la femme enceinte : une colonisation urinaire par une ou plusieurs espèces bactériennes est retrouvée chez 2 à 10 % des femmes enceintes. Alors qu’il est généralement recommandé de ne pas traiter une colonisation urinaire asymptomatique chez la femme (sauf cas particulier), le contexte de grossesse modifie cette recommandation en raison d’un risque évolutif vers la pyélonéphrite aiguë. Une vigilance particulière doit se porter sur le dépistage et le traitement de la bactériurie asymptomatique (ci-après appelée colonisation urinaire). Toute infection urinaire chez une femme enceinte est en effet par définition une infection à risque de complications, maternelles et/ou foetales, et ne doit pas être négligée. Les recommandations de décembre 2015 modifient de manière significative les stratégies thérapeutiques.

Épidémiologie et physiopathologie

La grossesse est une situation à risque d’infections urinaires et de complications associées.

Prévalence des infections urinaires chez la femme enceinte

La prévalence de la colonisation urinaire gravidique est estimée selon les études entre 2 et 10 %. Il est admis que 20 à 40 % des colonisations urinaires gravidiques se compliquent d’une pyélonéphrite aiguë.

Les pyélonéphrites aiguës ont un impact important en termes de morbidité chez la femme enceinte : 1 infection gravidique sur 5 est d’origine urinaire.

Facteurs favorisant les infections urinaires dans le contexte de grossesse

Comme chez la femme non enceinte, c’est la contamination par la voie ascendante à partir de la flore périnéale qui est majoritaire ; elle est proche de la flore digestive. La contamination par voie hématogène est rare.

La grossesse favorise les infections urinaires par différents mécanismes, et ceci très précocement (dès le 2e mois de grossesse).

Tout d’abord, il existe des facteurs anatomiques et hormonaux étroitement intriqués : l’imprégnation en progestérone a une action myorelaxante sur les fibres lisses des uretères ; l’utérus gravide comprime les uretères, en particulier l’uretère droit du fait de la dextrorotation de l’utérus. La vessie prend une position plus abdominale et l’étirement latéral des uretères raccourcit leur trajet sous-muqueux dans la paroi de la vessie. Tous ces élémentsfavorisent les reflux vésico-urétéraux et donc les pyélonéphrites aiguës, qui prédominent à droite [...]

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