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Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin chez l’adulte et l’enfant - Dr Pauline Wils, Dr Benjamin Pariente

Objectifs : DIAGNOSTIQUER une maladie de Crohn et une rectocolite hémorragique.

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) regroupent deux entités : la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH).

La maladie de Crohn peut toucher l’ensemble du tube digestif, de la bouche à l’anus, mais trois segments sont plus souvent atteints : l’iléon, le côlon et l’anus. Les lésions intéressent l’ensemble de la paroi intestinale, ce qui explique la survenue de complications pariétales de type sténoses et fistules.

La rectocolite hémorragique atteint le rectum dans 100 % des cas et une partie plus ou moins importante du côlon d’amont dans 80 % des cas. L’atteinte est plus superficielle, muqueuse et sous-muqueuse, à l’exception des formes les plus sévères (dites colites aiguës graves). Dans certains cas, la distinction entre les deux maladies est difficile : on parle alors de « colite indéterminée ».

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin sont considérées comme des affections de longue durée (ALD 30) car, bien qu’elles impactent faiblement sur l’espérance de vie, elles induisent une morbidité élevée et altèrent significativement la qualité de vie des malades.

Épidémiologie

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin peuvent apparaître à tous les âges, mais surviennent en majorité chez l’adulte jeune ; le pic pour la maladie de Crohn se situe entre 20 et 30 ans ; pour la rectocolite hémorragique, le diagnostic est un peu plus tardif avec un pic situé entre 30 et 40 ans.

L’incidence de la maladie de Crohn a augmenté en France ces dernières années, passant de 5,3 à 7,6 pour 100 000 habitants entre 1988 et 2008 (fig. 1A). Dans la région Nord-Ouest, cette augmentation d’incidence persiste et est d’autant plus importante chez les adolescents (10-19 ans), chiffrée à + 71 % entre 1988 et 2008. Contrairement à la maladie de Crohn, l’incidence de la rectocolite hémorragique tend à rester stable en France avec une incidence de 4,4 pour 100 000 habitants en 2008 (fig. 1B) (registre EPIMAD). Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin prédominent en Europe et en Amérique du Nord avec un gradient nord-sud, cependant leur incidence tend à augmenter dans les pays en voie de développement. Il existe une légère prédominance masculine dans la rectocolite hémorragique et une prédominance féminine dans la maladie de Crohn.

Physiopathologie et facteurs de risque

Physiopathologie Malgré les avancées, notamment dans le domaine de la génétique, l’origine des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin reste encore imparfaitement comprise. Elles ont pour caractéristique commune la présence d’un infiltrat inflammatoire au niveau du tube digestif liée à une modification du microbiote intestinal perçue comme anormale et à l’origine d’une activation excessive du système immunitaire. Il s’y associe une augmentation de la perméabilité intestinale et un recrutement de cellules [...]

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