Gestion des opioïdes forts

 Les opioïdes forts (OF) sont d’excellents antalgiques quand ils sont prescrits de manière adaptée.

POUR QUEL PATIENTS ? 

La douleur cancéreuse est l’indication la plus courante. En dehors des cancers, on distingue deux situations : 

la douleur aiguë (moins de 3 mois) posttraumatique ou post-chirurgicale, qui peut justifier leur prescription pour une courte durée, 5 à 7 jours ;

la douleur chronique non cancéreuse (DCNC),  où les OF ont une balance bénéfice- risque défavorable, exposant les patients à un risque fort de mésusage, avec des effets indésirables importants, voire une dépendance physique et/ou psychique. Dans ce cas, il est recommandé d’utiliser les antalgiques des autres paliers et surtout de prendre en charge les comorbidités éventuelles (asthénie, troubles du sommeil, troubles anxieux, dépression…) en proposant une approche multidisciplinaire. Les OF peuvent cependant être prescrits ponctuellement, en cures courtes, lors de poussées de douleur aiguë sur une DCNC (par exemple au cours de l’arthrose). L’avis d’une structure spécialisée de la douleur est souhaitable en cas d’échec.

Classiquement, les opioïdes forts sont recommandés lorsque la douleur (cancéreuse ou aiguë non cancéreuse) persiste malgré l’utilisation adaptée des antalgiques
de paliers 1 et 2 avec une EVA > 3, ou d’emblée si elle est intense (EVA > 7).

QUELLE MOLECULE, QUELLE VOIE ?

La règle est de choisir en première intention soit le sulfate de morphine en forme LI (libération immédiate) et LP (libération prolongée), soit le chlorhydrate d’oxycodone. L’hydromorphone et le fentanyl transdermique peuvent être utilisés lors d’une rotation d’opioïdes (changement d’une molécule pour une autre). L’oxycodone est préféré en cas d’insuffisance rénale ou chez la personne âgée.

Le fentanyl transdermique en patch LP (72 heures) n’est jamais prescrit d’emblée ; il est indiqué en thérapie de fond des douleurs cancéreuses soulagées de manière stable par un morphinique oral ou ...

Téléchargez l'article complet : Gestion des opioïdes forts l Faustine Colin, Françoise Laroche, Julien Guérin  l  LA REVUE DU PRATICIEN MÉDECINE GÉNÉRALE l TOME 31 l N° 981 l MAI 2017