Érysipèle : sus à la porte d’entrée

L’érysipèle est une dermohypodermite bactérienne aiguë (DHBA), non nécrosante, d’origine streptococcique (streptocoque β-hémolytique du groupe A le plus souvent) pouvant récidiver. Ce terme de DHBA est préféré à celui de cellulite infectieuse (utilisé dans la littérature anglo-saxonne). Une conférence de consensus a eu lieu en 2000 afin d’optimiser la prise en charge de l’érysipèle, des DHBA et de la fasciite nécrosante.

FACTEURS DE RISQUE D’ÉRYSIPÈLE

Les facteurs locaux doivent être impérativement recherchés. Ils combinent une insuffisance vasculaire d’origine veineuse ou lymphatique (secondaire à un curage ganglionnaire, une radiothérapie, une maladie de Kaposi…) et une porte d’entrée, par rupture de la barrière cutanée, le plus souvent un intertrigo interdigito-plantaire d’origine mycosique, lui-même colonisé par du streptocoque β-hémolytique du groupe A. Il peut s’agir également d’un ulcère de jambe ou de plaies chroniques (d’origine traumatique ou liées à des dermatoses inflammatoires ou infectieuses). L’intertrigo mycosique est volontiers associé à une onychomycose qu’il faut également détecter et traiter pour prévenir une récidive de ce dernier. L’obésité est le seul facteur général identifié, retrouvé chez 16 % de la population générale (IMC > 30). Le risque augmente avec l’indice de masse corporelle. Éthylisme, artériopathie des membres inférieurs, diabète et tabagisme chronique ne semblent pas en cause dans la survenue d’érysipèle  mais augmentent le risque de décompensation chez les patients atteints.

DIAGNOSTIC : CLINIQUE

Il repose sur 3 signes apparaissant successivemment : fièvre élevée (39-40 °C), frissons, suivis quelques heures plustard d’un placard cutané inflammatoire. Un tableau moins typique doit faire suspecter une origine non streptococcique. L’atteinte prédomine le plus souvent aux membres inférieurs (fig. 2) mais peut toucher le visage, les membres supérieurs ou le tronc. La lésion cutanée est une plaque érythémateuse...

Télécharger l'article : Érysipèle : sus à la porte d’entrée ! l Gentiane Monsel, Valérie Pourcher, Éric Caumes l LA REVUE DU PRATICIEN MÉDECINE GÉNÉRALE l TOME 31 l N° 982 l MAI 2017 - P. 407-9